Le domaine de la philanthropie évolue aussi auprès de la prochaine génération, la “next gen.” Elle s’implique davantage et veut avoir un réel impact et des résultats auprès des investisseurs philanthropiques.
“Plus qu’un livre, un voyage”
Comme l’explique Etienne Eichenberger, le but de cet ouvrage, de cet “outil”, est de permettre aux familles de ne pas se perdre lors de leur voyage philanthropique. Il aide à se poser les bonnes questions (huit en tout) et s’articule autour d’ateliers et de cas pratiques.
L’une de ses missions s’allie à celle de la chaire Debiopharm. Il s’agit de proposer un système en deux temps. Le premier encourage les familles afin que de plus en plus d’entre elles se lancent dans la philanthropie. Le second soutient les familles déjà engagées dans la philanthropie et les aide à devenir “plus professionnelles, plus structurées et plus efficaces dans les activités philanthropiques” souligne Peter Vogel.
Fédérer autour de la philanthropie
Pour Thierry Mauvernay, “l’argent divise, mais la philanthropie peut fédérer.” Pour le président de Debiopharm, avoir un impact positif est primordial. En citant divers projets au Vietnam, en Afghanistan et en Tanzanie, il partage aussi sa croyance qu’il ne faut pas grand chose pour changer la vie des gens. Il encourage les familles à se lancer. “On n’aura jamais assez d’argent pour tout faire […] mais c’est assez magnifique de voir ce que les gens peuvent faire avec peu d’argent.”
La philanthropie est aussi une question de passion. Présente lors de la soirée, Alexa Firmenich, Codirectrice, SEED Biocomplexity au Crowther Lab, évoque sa passion pour la nature et la biodiversité qui anime son travail. Elle croit en la collaboration entre les familles pour plus de projets philanthropiques.
Pour d’autres philanthropes, il s’agit aussi et surtout de donner de soi, de faire les choses avec “ses tripes”, comme le confie Magid Khoury, membre du comité du Fonds Edhen. “Je dois comprendre ce que je donne. Je dois comprendre à qui je donne. Je dois mesurer l’impact de ce que je donne. Donc c’est ça donner, c’est donner de son temps et croyez-moi ça fait du bien !”
Etienne Eichenberger confirme : “La donation, c’est aussi bien donner de son temps, de ses compétences, de son réseau que les moyens financiers à disposition.”
Agir tout de suite
S’il est un conseil à retenir de cette soirée, c’est celui prodigué par Hélène Vareille, Présidente de la Fondation Vareille qui mène un projet éducatif auprès de jeunes enfants défavorisés. “En plus de lire le Navigateur de la Philanthropie Familiale, si on a la possibilité de faire quelque chose, c’est un devoir de le faire et il faut le faire tout de suite.”
Elle ajoute qu’il faut en permanence “rechercher l’efficacité, avoir le courage de faire les choses soi-même et demander aux autres des jugements objectifs.” Selon Hélène Vareille, c’est ce souci d’efficacité et d’objectivité qui permettra de mesurer l’impact réel de ce que l’on met en place.
“L’empathie vient de l’estomac, la générosité du cœur et la philanthropie de la tête”. C’est avec cette citation qu’Etienne Eichenberger a conclu la soirée de lancement du Navigateur de la philanthropie familiale. Il a ainsi appelé à donner plus et à réduire le temps de décision et d’engagement car c’est l’action qui doit être centrale. “L’essentiel, c’est de commencer ici, maintenant et de façon stratégique et professionnelle.”